Discussion:
Difference entre psychiatre, psychologue et psychoterapeute.
(trop ancien pour répondre)
blop3474
2003-07-23 00:26:44 UTC
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Bonjour à tous,

Est ce que vous pouvez m'expliquer la difference entre le psychiatre,
le psychologue et le psychoterapeute.

Pou moi :

Le psychiatre : Etude de medecine avec spécialisation en psychiatrie.
Le psychologue : Etude en faculté de psychologie.
Le psychoterapeute : ???

Un psychoterapeute est soit un psychiatre ou un psychologue.

Est ce que c'est juste ?

Le psychiatre aide ponctuellement et par des moyens medicamenteux le
patient (on est en partie remboursé par la CPAM).
Le psycholoque aide surtout la justice, l'education nationale, ...
Le psychorapeute aide le patient sur le long terme (plusieures années)
et sans utiliser des médicaments (à part s'il est psychiatre).

Est ce que c'est juste ?

Merci pour vos precisions.

Lionel
Constance
2003-07-23 09:40:33 UTC
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Post by blop3474
Le psychiatre : Etude de medecine avec spécialisation en psychiatrie.
Oui.
Post by blop3474
Le psychologue : Etude en faculté de psychologie.
Oui.
Post by blop3474
Le psychoterapeute : ???
Un psychoterapeute est soit un psychiatre ou un psychologue.
Les psychiatres (pas tous) et les psychologues font des psychothérapies
(c'est le nom donné au processus thérapeutique), mais tous les
psychothérapeutes ne sont pas psychiatres ou psychologues. Le titre n'est
pas protégé (pas d'obligation d'études). Cela dit, je m'inscris en faux
contre l'idée que tous seraient pour autant des charlatans. Il y a des
psychothérapeutes qui ont eux-mêmes un parcours psychothérapeutique et qui
se sont formés à une pratique psychothérapeutique. Cela dit, sous le nom
de pratique psychothérapeutique, on trouve beaucoup de choses très
différentes (arthérapie, ergothérapie, thérapie analytique, psychodrame,
thérapie systémique, PNL, que sais-je...). Sans doute faut-il se méfier
d'un psychothérapeute qui jouerait les gourous. Votre parole doit être
entendue et respectée.
Post by blop3474
Le psychiatre aide ponctuellement et par des moyens medicamenteux le
patient (on est en partie remboursé par la CPAM).
Oui. On est remboursé comme pour une consultation de spécialiste.
Post by blop3474
Le psycholoque aide surtout la justice, l'education nationale, ...
Pas que. Le psychologue peut aussi exercer en libéral, ou dans des
institutions où on a besoin de lui. Il y a aussi les cmp où exercent les
psychologues et où c'est la sécu qui les paie et non le patient. Il y a
des cmp un peu partout.
Post by blop3474
Le psychorapeute aide le patient sur le long terme (plusieures années)
et sans utiliser des médicaments (à part s'il est psychiatre).
Oui. J'ajoute qu'il y a des psychothérapies longues mais qu'il y en a
aussi qui ne durent pas très très longtemps.

Du côté technique, parmi les grands courants, il y a des psychiatres qui
s'appuient uniquement sur les études de psychiatrie, mais il y a aussi des
psychiatres, des psychologues et des psychothérapeutes qui s'appuient sur
la technique psychanalytique (transfert analyste/patient et vice-versa) et
il y a des psychologues qui s'appuient sur la technique comportementaliste
(psychothérapies qui se veulent en général plutôt brèves et ne prennent
pas en compte la dimension de l'inconscient). A chacun de se tourner vers
ce qui pense le mieux lui correspondre. Si c'est dans le but de consulter
l'une de ces personnes, vous pouvez leur poser des questions lorsque vous
les rencontrez sur leurs orientations et leur parcours (ou même déjà au
téléphone).
--
Catherine
Franade
2003-07-23 10:15:54 UTC
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Post by Constance
Les psychiatres (pas tous) et les psychologues font des psychothérapies
(c'est le nom donné au processus thérapeutique), mais tous les
psychothérapeutes ne sont pas psychiatres ou psychologues. Le titre n'est
pas protégé (pas d'obligation d'études).
Euh, t' es sûre de ce que tu écris ? Parce qu' il me *semble* bien que le
titre "psychothérapeute" est, en France, protégé par la loi. Par contre, le
titre "psychanalyste" ne l' est pas.


Franade.
Franade
2003-07-23 12:29:13 UTC
Permalink
Je suis certaine de ce que j'écris. Il a été question que le titre de
psychothérapeute soit protégé, mais les choses en sont aujourd'hui au
point mort.
Il n' y a eu, en effet, qu' une proposition de loi en 2002...


Franade.
Anne-Marie CHERRIER-BLIEK
2003-07-24 08:12:34 UTC
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Pour faire clair:

un psychiatre est médecin avant tout
un psychologue non

Pour exercer en france en tant que psychologue il faut un dess (le dea ne
suffit pas) mais pour que ce dess soit reconnu il fait avoir fait une
maitrise de psychologie avec option psychopathologie clinique.

Heureusement le titre de psychologue est légiféré. Malheureusement n'importe
qui peut s'autopromouvoir psychothérapeute (quand on pense que les patitents
qui consultent sont des personnes en grande vulnérabilité.................ça
fait frémir)

A la date d'aujourd'hui il est question d'integrer la profession de
psychologue aux professions de santé ce qui changerait beaucoup de chose
comme par exemple: la validation du dess ce ferait en plus avec un clinicat
d'environ 9 à 10 mois en milieu hospitalier............................ Il y
a du pour et du contre affaire à suivre.



--
Anne-marie
Post by Franade
Je suis certaine de ce que j'écris. Il a été question que le titre de
psychothérapeute soit protégé, mais les choses en sont aujourd'hui au
point mort.
Il n' y a eu, en effet, qu' une proposition de loi en 2002...
Franade.
blop3474
2003-07-24 09:04:44 UTC
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Bonjour,

Je vous remercie pour vos precisions et j'en conclue que je n'etais pas ds le faux.

Merci à vous.


Lionel BONVALOT.
Post by Constance
Post by blop3474
Le psychiatre : Etude de medecine avec spécialisation en psychiatrie.
Oui.
Post by blop3474
Le psychologue : Etude en faculté de psychologie.
Oui.
Post by blop3474
Le psychoterapeute : ???
Un psychoterapeute est soit un psychiatre ou un psychologue.
Les psychiatres (pas tous) et les psychologues font des psychothérapies
(c'est le nom donné au processus thérapeutique), mais tous les
psychothérapeutes ne sont pas psychiatres ou psychologues. Le titre n'est
pas protégé (pas d'obligation d'études). Cela dit, je m'inscris en faux
contre l'idée que tous seraient pour autant des charlatans. Il y a des
psychothérapeutes qui ont eux-mêmes un parcours psychothérapeutique et qui
se sont formés à une pratique psychothérapeutique. Cela dit, sous le nom
de pratique psychothérapeutique, on trouve beaucoup de choses très
différentes (arthérapie, ergothérapie, thérapie analytique, psychodrame,
thérapie systémique, PNL, que sais-je...). Sans doute faut-il se méfier
d'un psychothérapeute qui jouerait les gourous. Votre parole doit être
entendue et respectée.
Post by blop3474
Le psychiatre aide ponctuellement et par des moyens medicamenteux le
patient (on est en partie remboursé par la CPAM).
Oui. On est remboursé comme pour une consultation de spécialiste.
Post by blop3474
Le psycholoque aide surtout la justice, l'education nationale, ...
Pas que. Le psychologue peut aussi exercer en libéral, ou dans des
institutions où on a besoin de lui. Il y a aussi les cmp où exercent les
psychologues et où c'est la sécu qui les paie et non le patient. Il y a
des cmp un peu partout.
Post by blop3474
Le psychorapeute aide le patient sur le long terme (plusieures années)
et sans utiliser des médicaments (à part s'il est psychiatre).
Oui. J'ajoute qu'il y a des psychothérapies longues mais qu'il y en a
aussi qui ne durent pas très très longtemps.
Du côté technique, parmi les grands courants, il y a des psychiatres qui
s'appuient uniquement sur les études de psychiatrie, mais il y a aussi des
psychiatres, des psychologues et des psychothérapeutes qui s'appuient sur
la technique psychanalytique (transfert analyste/patient et vice-versa) et
il y a des psychologues qui s'appuient sur la technique comportementaliste
(psychothérapies qui se veulent en général plutôt brèves et ne prennent
pas en compte la dimension de l'inconscient). A chacun de se tourner vers
ce qui pense le mieux lui correspondre. Si c'est dans le but de consulter
l'une de ces personnes, vous pouvez leur poser des questions lorsque vous
les rencontrez sur leurs orientations et leur parcours (ou même déjà au
téléphone).
Décol
2003-07-26 23:07:32 UTC
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Qq questions au ras des pâquerettes ..!
(disons pour des réponses compréhensibles , pour un profane merci)

qu'elle différence entre une névrose et une psychose ?

q qui est en cause ! le "matériel" ou la façon de s'en servir !?

Dans une société ..malade +/-!! comment un 'psychothérapeute ' peut-il
rendre 'la santé ' a qq'un en perte d ' ..'adaptation ' a cette société ?

Utop & AJC
§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!§§§§§§§§§§§§§§
Post by Constance
Post by blop3474
Le psychiatre : Etude de medecine avec spécialisation en psychiatrie.
Oui.
Post by blop3474
Le psychologue : Etude en faculté de psychologie.
Oui.
Post by blop3474
Le psychoterapeute : ???
Un psychoterapeute est soit un psychiatre ou un psychologue.
Les psychiatres (pas tous) et les psychologues font des psychothérapies
(c'est le nom donné au processus thérapeutique), mais tous les
psychothérapeutes ne sont pas psychiatres ou psychologues. Le titre n'est
pas protégé (pas d'obligation d'études). Cela dit, je m'inscris en faux
contre l'idée que tous seraient pour autant des charlatans. Il y a des
psychothérapeutes qui ont eux-mêmes un parcours psychothérapeutique et qui
se sont formés à une pratique psychothérapeutique. Cela dit, sous le nom
de pratique psychothérapeutique, on trouve beaucoup de choses très
différentes (arthérapie, ergothérapie, thérapie analytique, psychodrame,
thérapie systémique, PNL, que sais-je...). Sans doute faut-il se méfier
d'un psychothérapeute qui jouerait les gourous. Votre parole doit être
entendue et respectée.
Post by blop3474
Le psychiatre aide ponctuellement et par des moyens medicamenteux le
patient (on est en partie remboursé par la CPAM).
Oui. On est remboursé comme pour une consultation de spécialiste.
Post by blop3474
Le psycholoque aide surtout la justice, l'education nationale, ...
Pas que. Le psychologue peut aussi exercer en libéral, ou dans des
institutions où on a besoin de lui. Il y a aussi les cmp où exercent les
psychologues et où c'est la sécu qui les paie et non le patient. Il y a
des cmp un peu partout.
Post by blop3474
Le psychorapeute aide le patient sur le long terme (plusieures années)
et sans utiliser des médicaments (à part s'il est psychiatre).
Oui. J'ajoute qu'il y a des psychothérapies longues mais qu'il y en a
aussi qui ne durent pas très très longtemps.
Du côté technique, parmi les grands courants, il y a des psychiatres qui
s'appuient uniquement sur les études de psychiatrie, mais il y a aussi des
psychiatres, des psychologues et des psychothérapeutes qui s'appuient sur
la technique psychanalytique (transfert analyste/patient et vice-versa) et
il y a des psychologues qui s'appuient sur la technique comportementaliste
(psychothérapies qui se veulent en général plutôt brèves et ne prennent
pas en compte la dimension de l'inconscient). A chacun de se tourner vers
ce qui pense le mieux lui correspondre. Si c'est dans le but de consulter
l'une de ces personnes, vous pouvez leur poser des questions lorsque vous
les rencontrez sur leurs orientations et leur parcours (ou même déjà au
téléphone).
--
Catherine
Décol
2003-07-28 16:34:36 UTC
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comprenne qui pourra !
merci quand même ..........

--
Utop & AJC
Post by Décol
Qq questions au ras des pâquerettes ..!
(disons pour des réponses compréhensibles , pour un profane merci)
qu'elle différence entre une névrose et une psychose ?
La psychose concerne tout le monde, névrosés compris. Elle est du côté du
pré-oedipien, à l'aube de la vie de chacun. Le développement psychique du
psychotique en est resté à ce crépuscule. Le névrosé, lui, plus tard dans
son développement, est passé par l'oedipe.
Post by Décol
q qui est en cause ! le "matériel" ou la façon de s'en servir !?
Dans une société ..malade +/-!! comment un 'psychothérapeute ' peut-il
rendre 'la santé ' a qq'un en perte d ' ..'adaptation ' a cette société ?
D'abord, l'inadaptation à la société, ce n'est pas suffisant pour être
psychotique.
Ce n'est pas le psychothérapeute qui rend la santé, c'est dans leur
relation, celle du psychothérapeute et du patient, que ce dernier peut
remettre, au fil de la thérapie, chaque chose à sa juste place, et
retrouver un désir d'être (ce n'est pas une adaptation) et de faire dans
cette société. Il faut faire attention avec cette idée de société malade,
ce pessimisme qui met nos inerties sur le compte de la société. Dans une
large mesure, la société, on se la fait. Elle est la somme de ceux qui ne
la font pas et la subissent, et de ceux qui y sont avec leur désir.
--
Catherine
herpskwerps
2003-07-29 06:13:52 UTC
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Post by Décol
Qq questions au ras des pâquerettes ..!
(disons pour des réponses compréhensibles , pour un profane merci)
qu'elle différence entre une névrose et une psychose ?
La psychose concerne tout le monde, névrosés compris. Elle est du côté du
pré-oedipien, à l'aube de la vie de chacun. Le développement psychique du
psychotique en est resté à ce crépuscule. Le névrosé, lui, plus tard dans
son développement, est passé par l'oedipe.
Post by Décol
q qui est en cause ! le "matériel" ou la façon de s'en servir !?
Dans une société ..malade +/-!! comment un 'psychothérapeute ' peut-il
rendre 'la santé ' a qq'un en perte d ' ..'adaptation ' a cette société ?
D'abord, l'inadaptation à la société, ce n'est pas suffisant pour être
psychotique.
Ça peut même être un signe de bonne santé psychique.
Ce n'est pas le psychothérapeute qui rend la santé, c'est dans leur
relation, celle du psychothérapeute et du patient, que ce dernier peut
remettre, au fil de la thérapie, chaque chose à sa juste place, et
retrouver un désir d'être (ce n'est pas une adaptation) et de faire dans
cette société.
Faut pas être trop hypocrite tout de même, le psy est le soignant,
l'analysant le souffrant, le malade.

Relation, oui, mais ce n'est pas une relation d'égal à égal.

Il y a un danger du même type que celui du père-copain dans la négation de
la polarité de la relation soignant-soigné.

Ce danger c'est de ne plus voir qu'il y a maladie, et par conséquent de ne
plus être à même de guérir car il n'y a rien à guérir, il n'y aurait
simplement qu'à remettre les choses à leur place.

Cela correspond à une peur d'être en position de soignant, d'être
responsable du travail thérapeutique.

Cela ne diminue en rien la valeur du travail effectué par le patient qui
cessera de l'être à un moment, moment où la relation devient d'égal à égal.
Il faut faire attention avec cette idée de société malade,
ce pessimisme qui met nos inerties sur le compte de la société. Dans une
large mesure, la société, on se la fait. Elle est la somme de ceux qui ne
la font pas et la subissent, et de ceux qui y sont avec leur désir.
Autant que nous sommes ce que la société nous a fait.
Les millions de nazis n'étaient pas seulement des millions de gens trompés,
c'étaient des millions de gens malades, dans une société malade.
À part cela, oui, c'est commode de se réfugier derrière une société malade.
Jacques janssens
2003-07-30 08:31:12 UTC
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Un psychanalyste peut tout faire pour être
dans cette fonction : si l'analysant ne l'y met pas, il n'y est pas.
Du transfert.
Extrait de "refoulement scotomisation et transfert" de R. Laforgue.

Nous voudrions encore dire un mot sur le transfert. Ce dernier est le fait
psychologique par lequel la réaction qu¹a déterminée une certaine situation
se reproduit par la suite dans toute les situations ayant avec la première
une analogie affective quelconque.
Une première situation a créé, en somme, une réaction type, que le psychisme
tend, par une sorte d¹inclination naturelle, à transférer sur des situations
nouvelles, affectivement ressenties comme analogues à la première. C¹est
dire que le transfert est un phénomène très général, trouvant son
application dans tous les domaines de l¹affectivité humaine ; les transferts
effectués au cours de l¹analyse sur le psychanalyste ne sont qu¹un cas
particulier de cette manifestation. La réaction-type provoquée par le père,
par exemple, se reportera naturellement sur toutes les personnes ou entités
susceptibles de lui être assimilées affectivement : Dieu, l¹Etat, les
prêtres ou les maîtres. Qu¹un sujet en soit venu à haïr ( consciemment ou
non) son père, le même sentiment de révolte se manifestera, qu¹il le veuille
ou non, vis-à-vis de ces autorités.
Notre manière de vivre n¹est, en somme, que la continuelle répétition des
réactions affectives qui nous ont marqués lors de notre développement dans
le milieu familial. C¹est dès l¹enfance que nous apprenons à vivre, à aimer,
à haïr. C¹est dans l¹enfance que nous construisons notre clavier affectif et
que nous apprenons à en jouer. Bon nombre des névroses résultent, ainsi que
Freud et ses élèves l¹ont indiqué, d¹un arrêt de développement de l¹instinct
avant la période pubertaire. La plupart du temps, cet arrêt est lié à un
conflit entre l¹instinct de nutrition, qui prédomine nettement dans la
petite enfance, et l¹instinct de reproduction qui, normalement, est le plus
fort à l¹âge adulte et donne au sujet son indépendance véritable.
Pareil conflit tient très souvent à l¹apparition trop précoce de la
sexualité. Que celle-ci se manifeste à une époque où le détachement de la
famille ne peut pas encore être risqué, il faudra à tout prix, pour éviter
une catastrophe, que les énergies sexuelles soient comprimées et refoulées.
L¹instinct nutritif, essentiellement égoïste, jugulera l¹instinct génital.
Un tel automatisme, continuant à fonctionner ultérieurement de façon
inconsciente, arrêtera le développement de la génitalité, et celle-ci
n¹arrivera jamais à jouer le rôle de premier plan qui lui est dévolu chez un
sujet adulte. Comme, d¹autre part, l¹élan affectif, centré sur la
génitalité, irradie normalement sur toutes les sphères de l¹activité, on
conçoit que l¹infantilisme psychique du névrosé puisse étendre de même ses
effets négatifs dans les domaines apparemment les plus éloignés du domaine
sexuel.
Le névrosé aura, de ce fait, une grande difficulté à entrer en contact avec
la réalité actuelle, car jamais l¹instinct génital ne parlera en lui sans
qu¹il en ressente crainte et angoisse. Ne voulant pas être dominé par les
sollicitations de cet instinct, il s¹en débarrassera par les moyens à sa
portée : la masturbation, le plus souvent. Et, pour continuer à vivre sa vie
d¹enfant, il se réfugiera dans le passé. Moins riche que le sujet normal en
réactions-types, le névrosé sera également moins riche en possibilités de
transfert.
Ces quelques notions générales sur le transfert une fois acquises, voyons le
rôle que ce phénomène va jouer au cours du traitement psychanalytique
lui-même.
Les médecins, les professeurs, les avocats, les officiers, les prêtres
connaissent tous le rôle de l¹ascendant personnel dans leurs ministères
respectifs ; ils savent qu¹ils ne peuvent acquérir l¹influence normale
nécessaire au bon exercice de leur activité sociale qu¹en « réveillant
l¹intérêt » de ceux à qui ils s¹adressent ; or, cet intérêt qu¹il s¹agit de
réveiller, c¹est tout simplement la tendance au transfert. Ce que ces hommes
font par intuition, le psychanalyste le fera en connaissance de cause.
Dès le début de l¹analyse, et tout le long de celle-ci, il devra juger de la
capacité de transfert de son malade ; et, comme nous l¹avons indiqué, son
degré d¹insuffisance sera la mesure du degré d¹arriération affective du
sujet.
La réalisation du transfert sur la personne du psychanalyste sera un rouage
essentiel du traitement psychanalytique. On conçoit quelle connaissance
théorique et clinique du psychisme normal et pathologique, et quel doigté
sont nécessaires à une pareille opération. Un transfert mal effectué
pourrait, en effet, être chose aussi dangereux qu¹une intervention
chirurgicale manquée. Aussi ne faut-il se lancer dans l¹exercice de la
psychanalyse qu¹après avoir acquis une bonne instruction spéciale, et,
notamment, après que le mécanisme du transfert ait été bien compris.
Dès le début du traitement, le sujet transfère sur le psychanalyste une
certaine réaction-type correspondant au stade instinctif auquel il s¹est
arrêté et aux automatismes psychiques créés autour de cet arrêt. Si, par
exemple, le malade est en révolte contre les autorités du type paternel, il
risque de courir de médecin en médecin sans jamais accepter l¹autorité
d¹aucun ; et c¹est de la même façon qu¹il réagira lors de ses premiers
contacts avec le psychanalyste, celui-ci, rendant cet automatisme conscient,
arrivera, en collaboration avec le malade, à le faire disparaître. Ce
premier automatisme réduit, le sujet se retrouvera au stade où il était
avant sa constitution. C¹est ce qu¹on appelle le phénomène de la régression
qui commande en quelque sorte celui du transfert.
Quand enfin tous les modes pathologiques de réactions instinctives auront
été dépistés et détruits, la voie sera libre pour cette évolution
instinctive normale qui avait été manquée, et le rôle du médecin, substitut
des parents, sera alors d¹aider son malade pour l¹amener à l¹indépendance
psychique normale de l¹adulte.
R. Laforgue
Charles
2003-07-30 20:21:50 UTC
Permalink
Post by Jacques janssens
Nous voudrions encore dire un mot sur le transfert. Ce dernier est le fait
psychologique par lequel la réaction qu¹a déterminée une certaine situation
se reproduit par la suite dans toute les situations ayant avec la première
une analogie affective quelconque.
Une première situation a créé, en somme, une réaction type, que le psychisme
tend, par une sorte d¹inclination naturelle, à transférer sur des situations
nouvelles, affectivement ressenties comme analogues à la première. C¹est
dire que le transfert est un phénomène très général, trouvant son
application dans tous les domaines de l¹affectivité humaine ; les transferts
effectués au cours de l¹analyse sur le psychanalyste ne sont qu¹un cas
particulier de cette manifestation. La réaction-type provoquée par le père,
par exemple, se reportera naturellement sur toutes les personnes ou entités
susceptibles de lui être assimilées affectivement : Dieu, l¹Etat, les
prêtres ou les maîtres. Qu¹un sujet en soit venu à haïr ( consciemment ou
non) son père, le même sentiment de révolte se manifestera, qu¹il le veuille
ou non, vis-à-vis de ces autorités.
Notre manière de vivre n¹est, en somme, que la continuelle répétition des
réactions affectives qui nous ont marqués lors de notre développement dans
le milieu familial. C¹est dès l¹enfance que nous apprenons à vivre, à aimer,
à haïr. C¹est dans l¹enfance que nous construisons notre clavier affectif et
que nous apprenons à en jouer. Bon nombre des névroses résultent, ainsi que
Freud et ses élèves l¹ont indiqué, d¹un arrêt de développement de l¹instinct
avant la période pubertaire. La plupart du temps, cet arrêt est lié à un
conflit entre l¹instinct de nutrition, qui prédomine nettement dans la
petite enfance, et l¹instinct de reproduction qui, normalement, est le plus
fort à l¹âge adulte et donne au sujet son indépendance véritable.
Pareil conflit tient très souvent à l¹apparition trop précoce de la
sexualité. Que celle-ci se manifeste à une époque où le détachement de la
famille ne peut pas encore être risqué, il faudra à tout prix, pour éviter
une catastrophe, que les énergies sexuelles soient comprimées et refoulées.
L¹instinct nutritif, essentiellement égoïste, jugulera l¹instinct génital.
Un tel automatisme, continuant à fonctionner ultérieurement de façon
inconsciente, arrêtera le développement de la génitalité, et celle-ci
n¹arrivera jamais à jouer le rôle de premier plan qui lui est dévolu chez un
sujet adulte. Comme, d¹autre part, l¹élan affectif, centré sur la
génitalité, irradie normalement sur toutes les sphères de l¹activité, on
conçoit que l¹infantilisme psychique du névrosé puisse étendre de même ses
effets négatifs dans les domaines apparemment les plus éloignés du domaine
sexuel.
Le névrosé aura, de ce fait, une grande difficulté à entrer en contact avec
la réalité actuelle, car jamais l¹instinct génital ne parlera en lui sans
qu¹il en ressente crainte et angoisse. Ne voulant pas être dominé par les
sollicitations de cet instinct, il s¹en débarrassera par les moyens à sa
portée : la masturbation, le plus souvent. Et, pour continuer à vivre sa vie
d¹enfant, il se réfugiera dans le passé. Moins riche que le sujet normal en
réactions-types, le névrosé sera également moins riche en possibilités de
transfert.
Ces quelques notions générales sur le transfert une fois acquises, voyons le
rôle que ce phénomène va jouer au cours du traitement psychanalytique
lui-même.
Les médecins, les professeurs, les avocats, les officiers, les prêtres
connaissent tous le rôle de l¹ascendant personnel dans leurs ministères
respectifs ; ils savent qu¹ils ne peuvent acquérir l¹influence normale
nécessaire au bon exercice de leur activité sociale qu¹en « réveillant
l¹intérêt » de ceux à qui ils s¹adressent ; or, cet intérêt qu¹il s¹agit de
réveiller, c¹est tout simplement la tendance au transfert. Ce que ces hommes
font par intuition, le psychanalyste le fera en connaissance de cause.
Dès le début de l¹analyse, et tout le long de celle-ci, il devra juger de la
capacité de transfert de son malade ; et, comme nous l¹avons indiqué, son
degré d¹insuffisance sera la mesure du degré d¹arriération affective du
sujet.
La réalisation du transfert sur la personne du psychanalyste sera un rouage
essentiel du traitement psychanalytique. On conçoit quelle connaissance
théorique et clinique du psychisme normal et pathologique, et quel doigté
sont nécessaires à une pareille opération. Un transfert mal effectué
pourrait, en effet, être chose aussi dangereux qu¹une intervention
chirurgicale manquée. Aussi ne faut-il se lancer dans l¹exercice de la
psychanalyse qu¹après avoir acquis une bonne instruction spéciale, et,
notamment, après que le mécanisme du transfert ait été bien compris.
Dès le début du traitement, le sujet transfère sur le psychanalyste une
certaine réaction-type correspondant au stade instinctif auquel il s¹est
arrêté et aux automatismes psychiques créés autour de cet arrêt. Si, par
exemple, le malade est en révolte contre les autorités du type paternel, il
risque de courir de médecin en médecin sans jamais accepter l¹autorité
d¹aucun ; et c¹est de la même façon qu¹il réagira lors de ses premiers
contacts avec le psychanalyste, celui-ci, rendant cet automatisme conscient,
arrivera, en collaboration avec le malade, à le faire disparaître. Ce
premier automatisme réduit, le sujet se retrouvera au stade où il était
avant sa constitution. C¹est ce qu¹on appelle le phénomène de la régression
qui commande en quelque sorte celui du transfert.
Quand enfin tous les modes pathologiques de réactions instinctives auront
été dépistés et détruits, la voie sera libre pour cette évolution
instinctive normale qui avait été manquée, et le rôle du médecin, substitut
des parents, sera alors d¹aider son malade pour l¹amener à l¹indépendance
psychique normale de l¹adulte.
R. Laforgue
C'est vide.
Charles
Orpheligne
2003-07-30 20:44:08 UTC
Permalink
Post by Charles
C'est vide.
C'est aussi le sentiment que j'ai eu. Notamment cette idée de "réaction
type", quelqu'en soit la réalité, n'est pas très engageante. Et puis un
sentiment de déjà lu, déjà entendu, déjà su. De la métapsychologie
ennuyeuse. Joël Dor me fait le même effet. Cela dit, cette platitude
soignée, ça a son utilité, parfois, pour que s'opèrent en soi des
synthèses didactiques (mais bien peu analytiques).
--
Catherine
Charles
2003-07-30 21:36:18 UTC
Permalink
Post by Orpheligne
C'est aussi le sentiment que j'ai eu. Notamment cette idée de "réaction
type", quelqu'en soit la réalité, n'est pas très engageante. Et puis un
sentiment de déjà lu, déjà entendu, déjà su. De la métapsychologie
ennuyeuse. Joël Dor me fait le même effet. Cela dit, cette platitude
soignée, ça a son utilité, parfois, pour que s'opèrent en soi des
synthèses didactiques (mais bien peu analytiques).
grand dieu! une synthèse didactique, mais pour quoi faire? pour accrocher
aux murs du salon?
Charles
Jean Francois Ortolo
2003-07-31 06:56:48 UTC
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Ouais
Valable tout ça, relativement valable.

Je constate malheureusement, que d'une part Laforgue associe
masturbation et névrose, alors que tous les médecins savent que tout le
monde sans exceptions le fait, et d'autre part, Laforgue associe le
problème du sentiment ambivalent envers le père, nommé haine en
l'espèce, en mettant l'accent sur le handicap que celà représente.

Je pense que pour ces deux caractéristiques de ce discours de
Laforgue, celui-ci est plutôt simplificateur, au détriment de
l'objectivité scientifique, et également, ma conclusion est que, si
Laforgue avait voulu faire plaisir aux curés, il ne se serait pas
exprimé autrement.

Laforgue, c'était quelle époque, exactement ?

Hélas.

Jean Francois Ortolo
--
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Eole64000
2003-08-01 19:56:07 UTC
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Subject: Re: La fonction de l'analyste
From: Jacques janssens <A
HREF="mailto:***@wanadoo.be">***@wanadoo.be</A>
Date: Mer 30 juil 2003 10:31
Post by Jacques janssens
Un transfert mal effectué
pourrait, en effet, être chose aussi dangereux qu1une intervention
chirurgicale manquée.
Incroyable...

Ad Nihilum
2003-08-01 18:35:00 UTC
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Non. Certains psychiatres et psychologues, souvent libéraux, proposent
aussi des psychothérapies, à court ou long terme. Quant aux
"psychothérapeutes", fais comme si ce mot n'apparaissait pas : s'il est
précédé de "psychologue" ou "psychiatre", c'est bon (a priori), sinon,
il s'agit d'un individu lambda qui n'a pas les compétences pour exercer
la psychologie clinique ou la psychiatrie.
J'ai vu des assistantes maternelles, des laveurs de carreaux en fph, des
profs, et des fois simplement monsieur et madame "tout le monde", avoir plus
de compétences en psychologie avec beaucoup plus d'empathie que des gars et
nanas ayant bien appris leur leçon de DESS.

La psychiatrie est un domaine à part, et tout comme la psyKo ou la psyK,
c'est loin d'être une science exacte. Mais quand même un psychiatre reste le
plus compétent, étant le plus diversifié dans ces études et sa
compréhension. C'est paradoxal ce que j'écris dans ces lignes et pourtant...
Elle tourne !

Ad Nihilum
herpskwerps
2003-08-01 19:27:13 UTC
Permalink
Post by Ad Nihilum
Non. Certains psychiatres et psychologues, souvent libéraux, proposent
aussi des psychothérapies, à court ou long terme. Quant aux
"psychothérapeutes", fais comme si ce mot n'apparaissait pas : s'il est
précédé de "psychologue" ou "psychiatre", c'est bon (a priori), sinon,
il s'agit d'un individu lambda qui n'a pas les compétences pour exercer
la psychologie clinique ou la psychiatrie.
J'ai vu des assistantes maternelles, des laveurs de carreaux en fph, des
profs, et des fois simplement monsieur et madame "tout le monde", avoir plus
de compétences en psychologie avec beaucoup plus d'empathie que des gars et
nanas ayant bien appris leur leçon de DESS.
Eh ! oui.
Post by Ad Nihilum
La psychiatrie est un domaine à part, et tout comme la psyKo ou la psyK,
c'est loin d'être une science exacte.
Une science inexacte alors ? :o)
Post by Ad Nihilum
Mais quand même un psychiatre reste le plus compétent, étant le plus
diversifié dans ces études et sa compréhension.
On croit entendre Erik Von Stroheim dans la grande illusion.
Post by Ad Nihilum
C'est paradoxal ce que j'écris dans ces lignes et pourtant...
Elle tourne !
Vi, il y a des psyK formidables.
Post by Ad Nihilum
Ad Nihilum
Mais il fait le maximum ?
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